Dans un rapport inédit, l’Organisation mondiale de la santé mesure à l’échelle mondiale les inégalités face à ces maladies et à leurs facteurs de risques, tels que le tabagisme, l’alcoolisme, l’obésité, la mauvaise alimentation, la sédentarité ou la pollution de l’air.
S’appuyant sur des données nationales collectées entre 2013 et 2022, ce rapport examine l’impact de huit dimensions socio-économiques sur l’exposition aux MNT: l’âge, le genre, le revenu, l’éducation, le lieu de résidence, le handicap, l’emploi et le statut migratoire.
« Nous savons que les inégalités sont ancrées dans tous les aspects de la santé, mais il s’agit du premier effort visant à les mesurer systématiquement à l’échelle mondiale pour les MNT », a déclaré dans un communqué le Dr Ahmad Reza Hosseinpoor, responsable de l’équipe de suivi des inégalités en santé à l’OMS.
Le rapport confirme d’abord que le statut socio-économique influence la trajectoire de santé à chaque étape, de l’exposition initiale aux facteurs de risque jusqu’au diagnostic, au traitement et à la gestion de la maladie.
En observant le niveau d’éducation et de pauvreté, le rapport constate par exemple que dans les pays à faible et moyen revenu, les populations les moins instruites enregistrent des taux d’hypertension et de diabète plus élevés.
Egalement, le dépistage du cancer du col de l’utérus est très bas chez les femmes les plus pauvres et les moins éduquées, tandis que le tabagisme fait davantage de ravages chez les hommes moins instruits.
Des politiques à « adapter »
En s’intéressant au facteur géographique, le rapport établit que les ruraux ont un accès nettement plus restreint au diagnostic de l’hypertension et au dépistage du cancer.
Le genre et l’âge influent également: les hommes souffrant d’hypertension sont moins souvent diagnostiqués et traités que les femmes, bien qu’ils consomment plus de tabac et d’alcool.
A l’inverse, l’obésité est plus fréquente chez les femmes, en particulier dans les pays en développement.
Par ailleurs, les jeunes adultes hypertendus sont moins pris en charge que leurs aînés, tandis que la sédentarité augmente avec l’âge et que l’obésité culmine entre 40 et 70 ans.
Le rapport pointe aussi la marginalisation sociale, le handicap ou le statut de migrant parmi les facteurs d’exposition notables.
Face à ces inégalités, l’organisation onusienne exhorte les gouvernements à renforcer les taxes de santé sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées, particulièrement efficaces sur les bas revenus.
Les pays sont aussi appelés à concevoir des programmes sur mesure (assurances, subventions) pour les communautés mal desservies et d’intégrer des indicateurs d’équité dans leurs systèmes de santé nationaux.
« Les données sur les inégalités ne servent pas seulement à documenter des différences (…) Elles aident les pays à mieux adapter leurs politiques et leurs programmes, à identifier les lacunes en matière de couverture et à suivre si les progrès profitent à tous les groupes de population », a déclaré le Dr Alain Labrique, directeur du Département Données, santé numérique, analyses et IA de l’OMS.