Plaies chroniques: découverte prometteuse à l’UNIGE

Berne (ats) – La bactérie « Enterococcus faecalis » est connue pour empêcher la cicatrisation des plaies. Dans une étude publiée jeudi, des scientifiques de l’Université de Genève (UNIGE) et de l’Université technologique de Nanyang, à Singapour, ont décortiqué le mécanisme utilisé par le pathogène pour bloquer la réparation des tissus.

Ces recherches pourraient, à terme, « déboucher sur de nouveaux traitements pour les patientes et les patients souffrant de plaies qui ne guérissent pas », souligne l’UNIGE dans un communiqué. Les plaies chroniques, un mal qui touche chaque année 18,6 millions de personnes dans le monde, sont « un enjeu majeur de santé publique ».

Dans leurs travaux, les scientifiques décrivent la façon dont « Enterococcus faecalis » empêche activement la cicatrisation. La bactérie utilise un processus métabolique particulier qui produit en continu du peroxyde d’hydrogène, une substance particulièrement agressive pour les tissus vivants.

Le peroxyde d’hydrogène est ainsi couramment utilisé comme désinfectant industriel et agent de blanchiment. Il devient problématique lorsqu’il est généré directement au sein d’une plaie infectée. Le produit a en effet la capacité de paralyser les kératinocytes, ces cellules responsables de la réparation cutanées.

« Nos résultats montrent que c’est le métabolisme même de la bactérie qui constitue l’arme, une découverte surprenante et jusqu’ici inconnue », relève Guillaume Thibault, professeur associé à la School Singapore Centre for Environmental Life Sciences and Engineering, cité dans le communiqué de l’UNIGE.

L’étude, qui établit un lien direct entre le métabolisme bactérien et la dysfonction des cellules hôtes, ouvre « la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les plaies chroniques », sans devoir recourir aux antibiotiques. Des pansements enrichis en antioxydants, comme la catalase, « pourraient constituer une approche prometteuse ».